UN APPEL DE NUIT
19/09/2010 02:27 par akkachaamrane
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UN APPEL DE NUIT
19/09/2010 02:27 par akkachaamrane
Rien qu’une parenthèse N’ayant pas le grand art des narrateurs,…je vous demande d’excuser la lourdeur du texte, je vous laisse ainsi donner libre cour à votre imagination, pour planter le décors et jouer un peu aux metteurs en scènes scrupuleux et exigeants, je n’ai pas décrit les lieux et la femme de mes fantasmes délibérément, faute de pouvoir le faire fidèlement et aussi pour éviter toute compromission éventuelle, avec une personne qui lui soit très familière (parmi vous peut être), on n’est jamais assez prudent, vous comprendrai mieux au dénouement, de mon histoire.. Comme pour un plat cuisiné, je vais utilisé, des condiments, des épices, des légumes et l’eau (pourvu que vous l’ayez à la bouche jusqu’aux desserts), chacun des éléments que j’utiliserai (en grain, par pincées ou en bouquets) juste pour relever mes sauces seront précédés d’un *, les couverts sont mis, les plats fumants servis, bon appétit ! : *…il faisait un noir d’encre, un soir en rentrant du cinéma, arrivé au quartier où j’habite, j’entends un psitt que j’attribue à mon imagination attisée par le film que je venais de voir, j’ai quand même marquer le pas et me suis retourné dans tous les sens sans voir qui que ce soit, même pas un chat, à la faible lumière des réverbères éloignés, un deuxième puis un troisième psitt insistants me firent relever la tête vers la source d’émission, une femme du balcon , au premier étage de l’immeuble faisait des signes de la main, *croyant à une méprise sur ma personne ou à une présence autre que la mienne, dans la rue ou dans une voiture stationnée là, j’ai décidé de continuer mon chemin, mais un nouveau psitt et la chute d’une *pince à linge tout près de mon pied *droit, me fit arrêter et relever la tête, cette fois convaincu qu’elle s’adressait à moi de la main, me demandant de «venir», je connaissais bien cette femme habitant cet immeuble voisin du mien, du moins de vue et elle avait plutôt bonne renommée, *alors pensant qu’elle avait besoin d’une assistance quelconque, j’ai gravi les marches de l’immeuble et à mon arrivée sur le palier, une porte s’entrebâillât et elle apparu sur le seuil de sa porte (dans le noir total de sa maison), je la voyais à la faible lumière de la lampe de la cage d’escaliers,...elle répondit à mon «bonsoir» et s’empressa de rajouter, je vous sais, *de renommée, bricoleur et étant seul à la maison, je n’ai personne pour me rétablir le courant, j’étais entrain de repasser et tout à coup c’est le noir,…je n’ai pas voulu aller chez les voisins, à cette heure ci (*1h00 du matin), alors si vous le voulez bien, j’aimerai que vous entriez pour, au moins, me rétablir la lumière dans la cuisine, je n’ai plus qu’une seule *bougie presque épuisée,…elle s’écarta pour me laisser passer, elle referma la porte dès que j’ai franchi le seuil, et je l’ai suivi dans le couloir jusqu’à la cuisine,…la faible lueur venait d’une applique murale et non pas d’une bougie, je lui fis la remarque et elle me répondis spontanément *comme quelqu’un qui s’attendait à ça : «je suis gênée tout à coup de vous avoir dérangé, en réalité il n’y a que les prises qui ne fonctionnent pas, mais j’avais peur que *vous refusiez de venir,…asseyez-vous, je vais vous servir quelque chose, qu’est ce que vous prenez, du thé , du café ou de la limonade ? » j’ai donc pris place sur une chaise et j’ai demandé un verre de limonade, qu’elle mit aussitôt devant moi, sur la table, elle a pris place aussi, et sirotant son café fumant, elle pris un paquet de cigarette en sortit une et me la tendit, puis elle en pris une autre de ses lèvres, et les alluma *(la sienne après la mienne), au bout d’un instant (mal à l’aise dans cette situation aussi inattendue que compromettante) pris de doutes (et si c’était un piège saugrenu ?, me disais-je), je lui ai demandé de m’indiquer le disjoncteur pour tenter quelque chose, c’est alors qu’elle m’avoua que c’était là juste un prétexte pour avoir de la compagnie, je lui ai fait la remarque qu’elle aurait bien pu inviter une voisine ou quelqu’un de proche, sentant le malaise me gagner de plus en plus, quand elle me dit qu’elle avait remarqué depuis fort longtemps quelle ne m’était pas indifférente (comme elle a beaucoup insisté sur ça, j’ai du le lui avoué, elle ajouta alors qu’elle rêvait de moi aussi, tout en dénudant ses épaules, puis sa poitrine,…je m’avouai intérieurement que moi aussi j’ai beaucoup fantasmé sur elle, …je l’ai imaginée bien des fois dans mes bras, lèvres contre lèvres, enlacés, et l’occasion était trop belle pour la rater bêtement, pour des considérations d’ordre moral,…je réfléchissais à une vitesse vertigineuse, deux voix se disputaient en moi , l’une moqueuse me disait « allez espèce de con, sautes-lui dessus, tu ne vois pas qu’elle n’attend que ça ? » alors que l’autre au contraire me disait « attention bonhomme, tu vois bien que c’est une femme sérieuse, elle a cédé à ses pulsions par ennui, allons, sois raisonnable va-t-on vite ! » elle se leva, d’un bond relevant ses bretelles et se dirigeât vers une porte qu’elle ouvrit, elle en alluma la lampe, et du seuil me fit signe de la rejoindre, je lisais dans ses yeux l’expression de sa victoire trop facile et cette lueur de fierté d’une femme qui se voulait irrésistible, et contre toute attente, alors que j’étais très excité, je me suis dirigé vers la sortie, ma main sur la poignée de la porte, je me suis tourné vers elle et hésitant je suis resté cloué là comme un imbécile, un temps qui me sembla une éternité, la voyant se rapprocher de moi j’ai alors ouvert la porte et suis sorti l’âme en peine, sur le palier sans pouvoir faire un pas de plus, laissant la porte entrouverte derrière moi, …je senti sa main saisir mon poignet je n’en demandais pas tant et je ne désirais pas me faire prier, nous oublions tous les deux, nous ne nous rendions pas compte qu’on risquait de se faire surprendre ainsi sur le palier, je la rejoignis vite et nous restâmes là un moment hébétés, je lui pris le visage dans mes mains, et sans un mot j’écrasais mes lèves contre les siennes si *avides et expertes, elle plaqua son corps contre le mien et une bouffée de chaleur me submergea, sacrée femme me disais-je, un vrai volcan en *éruption, quelle aubaine ! elle s’écarta de moi en me caressant la joue et s’éloigna , je l’ai suivi de mes yeux incrédules, elle s’arrêta au bout du couloir et me fit face, …j’avançais alors qu’elle se déshabillait avec une sensualité *à faire fondre un iceberg éternel, tout en évoluant vers elle, elle glissait comme une ombre et se laissa tomber à la renverse sur le lit, la chambre dégageait des *senteurs indescriptibles, elle alluma la lampe de chevet et me pria d’éteindre le plafonnier, ce que je fis promptement tout en continuant de déboutonner ma chemise, elle entreprit *elle-même de me déshabiller et me fit une place dans le lit, en glissant son bras *gauche sous ma nuque pour q’elle me reçoive tout contre elle, ma main caressa un moment sa joue et ses lèvres, les miennes se rapprochaient lentement vers son visage, les siennes esquissaient un sourire *électrisant et ses yeux m’embrasaient , …quand soudain retentit une sonnerie toute proche, … je lui ai demandé de ne pas répondre à l’appel (pensant que c’était le téléphone), je me l’entendais dire, alors que serrais de dépit et rageusement l’oreiller contre mon visage l’enfouissant confus et honteux,… je venais de réaliser, qu’il fallait y repasser, c’était bel et bien la sonnerie de mon réveil, il était 6h00 du matin.
CHARME
16/09/2010 17:25 par akkachaamrane
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CHARME
16/09/2010 17:25 par akkachaamrane
Ze bégaie, tombé sous le charme,
ô combien ensorceleur d’une Femme,
heureux de savoir mon cœur conquis,
rêveur de moments si exquis,
avec elle, enivré de bonheur ;
belle fleur épanouie, cadeau des cieux
oublier ton visage, je ne le peux,
honte à moi qui nourris mes pensées,
rebelles, qui s’imposent «insensées »,
attrayantes et pleines de lueurs ;
Zélateur mon esprit hors d'orbite,
impose à mes sens, les pulsions qui l’habitent,
enhardis, mes élans pour toi s’expriment,
répandant en mon être, le sublime,
amour, attachement ou simple candeur.
Le jour ...du ....mois...de l'an tels,
tu es née femme, mon caprice,
belle, coquette et charmante,
ton image, chaque nuit me hante.
N'es-tu donc qu'un rève ?
Amrane AKKACHA
DROLE DE FAIM
09/09/2010 13:37 par akkachaamrane
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DROLE DE FAIM
09/09/2010 13:37 par akkachaamrane
Mon appétit de toi
Ma faim de toi est si grande,
que mes intestins grondent,
comme les torrents des rivières en crue,
qui accélèrent de plus en plus,
vers les chutes, en contrebas,
en cascades dans un fracas,
qui à mes oreilles deviennent symphonies,
jouées par mon coeur et les anges en harmonie,
c'est te dire combien ma soif de toi,
se croit détenir tous les droits,
de te manger à toutes les sauces,
d'écrues de mures ou de précoces.
Ne prends surtout pas peur,
mes dents se feront toutes, douceurs,
Ce sont plutôt mes yeux qui te dévorent,
pour que mon coeur, bourgeonne et éflore.
Amrane AKKACHA
L'EPOUVANTAIL
07/09/2010 02:44 par akkachaamrane
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L'EPOUVANTAIL
07/09/2010 02:44 par akkachaamrane
DU VENT
Des branches en croix,
habillées de n’importe quoi,
font figure de leurre,
non pas pour attirer mais pour faire peur,
aux oiseaux voleurs,
de graines ou fruits de dur labeur.
Juste une silhouette par l’air agitée,
.../...
C’est le grandissime Nourdine Boutarfa,
qui fixe, seul, mes devoirs et mes non droits,
fort de ses pouvoirs, il a installé souverainement Achour Telli,
dans l’appartement où j’occupai juste un lit,
en cohabitation avec des collègues, tous anciens,
qui n’avons, dans les hautes sphères, aucun lien,
Le pauvre démuni gradé,
est devenu du coup, venimeux insecte protégé,
pour ce faire, il a fait appel à un huissier de justice,
afin de mouiller vilement ses complices,
entre autres le bien nommé Chemlal ali,
qui comme nous est du centre, pardi,
Se voyant déjà promu haut responsable,
doté d’une voiture et d’un portable,
je passe sur les valets intermédiaires,
qui ont reçu leur récompense forfaitaire,
et quelques agents techniques et financiers,
qui se sont exécutés, horrifiés,
On installa même citernes et paraboles,
pour 195 millions, quel pactole,
Bravo, monscieur le P.D.G,
Pour nous avoir ainsi délogés,
vous avez énormément grandit à mes yeux,
je ne vous vois plus un mais deux.
C’est fou comme l’œil ne voit plus qu’en rouge,
ceux qui n’ont jamais rien accompli mais bougent,
toujours vers le haut comme happés par des tornades,
et des vents jouant pour eux des sérénades,
dans un ballet spectaculaire grandiose,
qui rends belles même leurs vilaines choses.
Il est connu que les personnes de petites tailles,
font plus peur que les épouvantails,
aux oiseaux et insectes ailés, soit dit en passant,
quand ils sont agités et mus par les vents,
des hauteurs, regroupant les lourds nuages,
qui occasionnent, aux cultures, de grands dommages.
Quelque ovipare et un cornu,
battent des ailes pour atteindre ces nus,
avec l’énergie de leurs énormes corps,
afin d’améliorer leur déjà confortable sort,
écrasant sur leurs passages, brutaux et bruyants,
des êtres, besogneux inoffensifs et souffrants.
Mister le P.D.G du groupe SONELGAZ,
se croit devenu soudain « d argaz »
Virus Infectant Personnes et institutions,
il se prend pour Dieu le tout puissant,
faisant de postes et d’avantages aumônes,
il paie même l’essence, le loyer et le téléphone.
A ceux qui devant lui se prosternent,
pour le faire passer de vessie à lanterne,
rajoutant à ses directives, mépris et zèle,
pour ancrer dans les masses dépits et séquelles,
hier vantant les mérites de la décentralisation,
il a disloqué Sonelgaz en filiales, avec force conviction.
Aujourd’hui, comme il est à tête de la pyramide,
lui l’ambitieux de pouvoirs avide,
a repris sous ses ailes, comme une poule,
sans gants et sans cagoules,
des poussins pourtant adultes et autonomes,
usant de la brosse et de la gomme.
Mettant à sa solde les syndicalistes carriéristes,
appâtés et pris à ces hameçons élitistes,
faits de promesses et de miroitâges,
adaptant discours et langages,
il fait courir, les piètres chevaux,
et exige des étalons d’user encore plus leur cerveau.
En s’estimant chanceux d’avoir une paie,
qu’il doivent justifier, même de leur sommeil,
avouez que c’est là une belle et géniale trouvaille,
qui encourage les déjà viciés et les canailles,
habitués et rompues à ces stratégies porteuses,
ils se font criquets pèlerins ou sauterelles sauteuses.
Des vastes endroits acquis.*
au prix des lutes âpres et les maquis.
***dévastant droits acquis.
DE l'EPEE A LA PRISON
06/09/2010 11:24 par akkachaamrane
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DE l'EPEE A LA PRISON
06/09/2010 11:24 par akkachaamrane
ARRÊTÉS À OUZELLAGUÈNE
Le procès des non-jeûneurs
s’ouvre ce matin
L
e bureau de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme à Béjaïa sera présent
au procès en guise de soutien aux accusés.
Le procès des non-jeûneurs et du propriétaire du restaurant,arrêtés mardi dernier à Ouzellaguène par la police, s’ouvre aujourd’hui au tribunal d’Akbou. Tout a commencé mardi dernier lorsque les éléments de la sûreté de daïra ’Ouzellaguène ont effectué une descente dans un fast-food sis au 2e étage d’un immeuble commercial à côté du marché jouxtant la RN26 de la même ville. Une descente policière, soldée par l’interpellation de 10 personnes, dont le propriétaire du restaurant, et ce, pour ne pas avoir observé le jeûne. “Pris en flagrant délit”, les mis en cause ont été présentés devant le juge d’instruction près le tribunal d’Akbou. L’affaire est qualifiée de “dénigrement et non-respect des préceptes de l’islam”.Ainsi, le juge a ordonné la mise sous mandat de dépôt du restaurateur, citation directe pour 7 personnes et 2 autres comme témoins à charge en vertu de l’article 144 bis du code pénal. “Juridiquement, l’article 144 bis du code pénal est flou et, en outre, il n’a aucun sens par rapport a la Constitution : Loi fondamentale du pays, qui garantit la liberté de conscience”, nous a déclaré en substance Me Benkadoum, avocat du restaurateur placé en détention, qui signale qu’un lieu de culte chrétien se trouve à 200 m du restaurant où les non-jeûneurs ont été arrêtés. “Dans ce cas, la police doit-elle faire une rafle dans ce lieu de culte pendant la messe des fidèles ?”, s’est interrogé Me Benkadoum comme pour battre en brèche la qualification du délit dont ils sont poursuivis les accusés. Ainsi, cet avocat estime sans ambages que, dans cette affaire, il y a une influence des islamistes. De son côté, le responsable du bureau de la Ligue pour la défense des droits de l’Homme à Béjaïa, Saïd Salhi, joint par téléphone, s’est déclaré outré par cette inquisition policière qu’il condamne avec force. “Le recours systématique et abusif à la répression sous prétexte d’atteinte aux préceptes de l’islam est une violation caractérisée de la liberté de culte et des libertés individuelles consacrées pourtant par la Constitution”, a déclaré M. Saïd Salhi, qui n’a pas manqué de lancer un appel pressant “à l’opinion publique à se mobiliser pour la tolérance et le respect de la différence, valeurs cardinales d’un État de droit”. Le bureau de la ligue, signale-t-il, sera présent au procès d’aujourd’hui des non-jeûneurs pour leur apporter du soutien. En matière d’inquisition, il y a lieu de signaler que ce n’est pas une première dans les annales de la wilaya de Béjaïa. L’on se rappelle qu’on 2005, une affaire similaire s’est produite à Béjaïa ville où 6 personnes avaient été arrêtées dans un restaurant situé au parc d’attractions de la ville de Béjaïa dans des conditions identiques à celles d’Ouzellaguène. Les six mis en cause avaient été condamnés à des peines de prison ferme allant de 2 à 6 mois avant qu’ils ne soient relaxés sous la pression de la solidarité citoyenne. À souligner que cette affaire des non-jeûneurs d’Ouzellaguène est intervenue au moment où la solidarité s’organise activement autour des deux non-jeûneurs arrêtés à Aïn El-Hammam, wilaya de Tizi Ouzou, en début de ce mois de Ramadhan. C’est dire que les inquisiteurs du pouvoir sont déterminés dans leur stratégie de mise au pas de la société.
L. OUBIRA
L’ACTUALITÉ EN QUESTION Lundi 6 septembre 2010 4 LIBERTE
Newpress
proc des nonjeûneurs
sera celui
de la liberté du culte.
APRÈS L’ARRESTATION DES NON-JEÛNEURS DE AÏN EL HAMMAM (TIZI OUZOU)
Élan de solidarité internationale
L’ appel à la solidarité des deux non-jeûneurs, H. H. (47 ans) et S. F. (34 ans), arrêtés à Aïn El-Hammam, le 13 août passé, est lancé sur le Net par Acor SOS Racisme (Suisse), suivi d’une adhésion massive à cette demande de plusieurs associations, notamment Europe solidaire (France), Parti ouvrier populaire (POP-Suisse), Les Jeunes Verts (Genève), Mouvement Alternatif pour les libertés individuelles (Maroc) et bien d’autres organisations sociales et humanitaires, campées dans plusieurs pays, tels que le Maroc, la Suisse, la Tunisie, la France… Depuis la diffusion de cet appel, une mobilisation internationale s’en est suivie. L’affaire ne s’arrête pas là, puisque la machine judiciaire sévit encore. Mardi dernier, à Béjaïa, dans la commune d’Ouzellaguène, dix personnes ont été arrêtées par la police dans un fast-food, servant à porte fermée. Le propriétaire sera placé sous mandat de dépôt, tandis que les neuf autres non-jeûneurs seront appelés à comparaître devant la justice. À qui le tour ? Pour les citoyens, les avis sont partagés, mais toujours dans le sens de la tolérance et du pardon. “Ceux qui travaillent dans des conditions difficiles et pénibles ont le droit de rompre le jeûne”, explique un homme, jeûneur pratiquant de son état. “Cela ne me dérange nullement, pour peu que les personnes qui ne peuvent pas jeûner se mettent à l’abri des regards et ne pas porter atteinte à la sensibilité d’autrui. C’est ça la logique de l’islam de tolérance tel que pratiqué par nos aînés, nos ancêtres, depuis la nuit des temps”. L’on se demanderait donc pourquoi tout ce radicalisme qui se réveille spontanément, encouragé, de surcroît par une justice, censée être équitable, juste comme son nom l’indique. Pour un autre, enseignant de son état, “cela relève de l’aberration. C’est clairement et simplement de l’excès de zèle ! Vu le dur travail sur chantier et en cette période de canicule, ils ont le droit de boire si cela est nécessaire, la journée de carême pourrait être récupérée un autre jour, comme l’autorise la religion. Pourquoi, si l’on suit ce raisonnement, n’arrête-t-on pas aussi ceux qui se trouvent dehors au moment des prières, comme l’avait si bien dit un de vos confrères journaliste ?”,s’est interrogé un autre enseignant en langue arabe. C’est décidément un paradoxe face à une société qui, pourtant tolère, et une justice, qui devrait être juste, mais qui pourchasse et condamne. Renoncera-t-elle à cette décision qui, selon toute apparence, ne réprime pas seulement, mais enfonce plus d’un, comme le démontre cet élan de solidarité, avec les deux non-jeûneurs de Aïn El-Hammam et envers ceux d’Ighzer-Amokrane. C’est ce type d’inquisition qui pousse de plus en plus de citoyens à verser dans l’intolérance en ne jeûnant plus, même publiquement. N’a-t-on pas entendu ce sexagénaire, S. M., de Tizi Ouzou, appeler ses amis à venir en masse avec des bouteilles d’eau minérale et rompre le jeûne, à un horaire précis de la journée, devant le tribunal concerné, non pas pour blasphémer, loin s’en faut, mais pour se solidariser tout simplement avec les deux ouvriers de Aïn El-Hammam. Pour rappel, le bureau de Béjaïa de la LADDH (Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme), a appelé “l’opinion publique à se mobiliser pour la tolérance et le respect de la différence et des valeurs sociales dans un État de droit”.
K. TIGHILT
Source: Quotidien LIBERTE du 06.09.2010
moi je je dirai
*** parler, d'incapacité à jeûner pour excuser des non croyants, de dur labeur ou la maladie justifiant le recours du sujet à s'alimenter, de heurt à la sensibilité des "croyants" et de blasphèmes c'est déjà mettre en faute les sans aubédiance religieuse, n'-t'on pas tout simplement le droit de na pas être musulman ? la foi est "individuelle" et son respect est du à celui qui l'a, dans tous les domaines de la vie en s'y conformant dans l'abstinance totale du pêcher (vol, recel, trafics et crimes en tous genres, corruption, tromperies etc)
Les religions se sont imposées aux peuples par les armes et elles se pérénisent par l'inquisition et la condamnation.
INQUISITION
06/09/2010 02:44 par akkachaamrane
Ighzer Amokrane (Béjaïa)
Des non-jeûneurs devant le juge
Source EL WATAN du 05.09.10 |
La solidarité s’organisant autour des non-jeûneurs arrêtés à Aïn El Hammam, dans la wilaya de Tizi Ouzou, n’ayant pas fini de prendre forme, voilà qu’une autre se profile à l’horizon autour d’un autre épisode d’inquisition en Kabylie.
Un restaurateur vient d’être mis sous les verrous et neuf jeunes citoyens présentés devant le parquet dans la ville d’Ighzer Amokrane, 50 km à l’ouest de Béjaïa, pour la même accusation de «non-respect des préceptes de l’Islam».
Les non-jeûneurs d’Ighzer Amokrane ont été cueillis, témoigne notre source, par des policiers au cours de la journée de mardi alors qu’ils se trouvaient à l’intérieur d’un local fermé à usage commercial.
Situé au premier étage, cet espace fait partie d’un bloc de locaux construit, au centre-ville, dans le cadre du programme des «100 locaux par commune».
Son jeune propriétaire est ainsi accusé de l’avoir aménagé en lieu de restauration et y servir des repas pendant le mois de carême. La présence des jeunes incriminés dérangeait les quelques riverains, installés dans une zone à majorité commerçante, qui se sont plaints auprès de la police pour «mauvaise fréquentation des lieux».
A leur intervention, les éléments de la police urbaine ont trouvé, rapporte notre source, un local fermé.
La présence, à l’intérieur, d’une quantité de victuailles a suffi pour embarquer tous les présents qui attendaient d’être servis et dont certains ont tenté vainement de fuir avant d’être pris comme de vulgaires criminels dans un périmètre encerclé.
Présentés devant le parquet près le tribunal d’Akbou, le propriétaire du local a été mis sous mandat de dépôt alors que le reste des non-jeûneurs ont été remis en liberté dans l’attente de comparaître. Il risque la prison.
En 2005, six non-jeûneurs avaient été condamnés par le tribunal de Béjaïa à 3 et 6 mois de prison.
Ils avaient été surpris, pour rappel, dans deux gargotes dans la ville de Béjaïa.
Le procès des non-jeûneurs d’Ighzer Amokrane aura lieu dans les jours à venir au tribunal de la même ville d’Akbou où, au début de ce mois de Ramadhan, un restaurateur qui a servi discrètement des non-jeûneurs a fini par fermer après avoir été dénoncé dans une mosquée, rapporte une source locale.
Le climat d’intolérance que confirme l’épisode d’Ighzer Amokrane a fait réagir les défenseurs des droits de l’homme. Par la voix du responsable du bureau de Béjaïa, Saïd Salhi, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) condamne «avec force cette politique de diabolisation».
Elle considère que «le recours systématique et abusif à la répression ‘’des mœurs’’ sous prétexte d’atteinte aux préceptes de l’Islam est une violation de la liberté des cultes et des libertés individuelles pourtant consacrées par la Constitution».
La LADDH Béjaïa appelle ainsi «l’opinion publique à se mobiliser pour la tolérance et le respect de la différence, valeurs intrinsèques pour une société prospère et un Etat de droit».
Kamel Medjdoub
ALTERNANCES
05/09/2010 13:57 par akkachaamrane
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ALTERNANCES
05/09/2010 13:57 par akkachaamrane
LA JUNGLE EN FOLIE
Tous les félins exterminés,
la jungle est aujourd’hui dominée,
par des prédateurs plus féroces,
les uns repus, ne laissent que les os,
d’autres en attente se contentent de nettoyer,
ces restes souvent chèrement payés.
La force ou le nombre faisant loi,
chacun est forcé au choix,
ou attendre son tour, peut être vainement,
ou aller à la chasse et ruser sûrement,
comme chez la faune dans les océans et mères,
l’on dévore, parfois, même ses congénères.
La devise est de toujours rester en haut de la chaîne,
en semant, autour de soi, la terreur et la haine,
dans la jungle, ce royaume animal,
les combats ne se font jamais à armes égales,
la vue et l’agilité compensent la taille du busard,
le vautour se contente d’un statut de charognard.
Dans ce monde de, chasseurs, voleurs et brouteurs,
si diversifié et haut en couleurs,
tout le monde semble être d’accord,
que la « vie » est synonyme de mort,
elles sont, je dirai complices et compères,
l’une apprête et l’autre dessert.
Amrane AKKACHA
INTOLERENTS pour toujours
05/09/2010 12:09 par akkachaamrane
Le soufisme au cœur des attaques de Lahore
Les attentats qui ont visé jeudi le tombeau Data Durbar, à Lahore, et qui ont fait 41 morts, sont avant tout une attaque contre le soufisme, un ancien mouvement ascétique de l’islam, dans un pays qui se radicalise de plus en plus.
Les attaques de jeudi contre le mausolée d'un saint soufi à Lahore peuvent être considérées comme un massacre prémédité contre l’essence même d’une forme d’islam centenaire et tolérante. Le tombeau Data Durbar est le plus ancien et le plus prestigieux de Lahore. Il abrite les restes d’un saint soufi du XIe siècle, Abul Hassan Ali Hajweri et attire des pèlerins chiites et sunnites – et même des non musulmans- de tout le sous-continent indien. Le site est particulièrement bondé le jeudi soir, une nuit traditionnellement sacrée pour les musulmans.
Au lendemain de l’attaque, Raza Rumi, un expert pakistanais du soufisme, est encore sous le choc. "C'est une tragédie à plusieurs niveaux", a déclaré ce natif de Lahore joint au téléphone par FRANCE24. "C'est une tragédie humaine, une attaque contre l'avenir du Pakistan."
"L’attaque d’une minorité illuminée contre la majorité"
Le soufisme puise ses bases dans les relations mystiques entre l’individu et le divin. Avec une éthique égalitaire et une forme d’adoration expressive - incluant la poésie et la musique -, le soufisme est souvent considéré comme une forme alternative de spiritualisme. Les poètes soufis perses tels que Rumi, qui vécut au XIIIe siècle, sont même en train de revenir à la mode en Occident.
Mais en Asie du Sud, jusqu’il y a peu, le soufisme était la norme et non une tendance. Des siècles durant, les dévots ont traversé des milliers de kilomètres pour venir implorer l’esprit des saints de les aider dans leurs luttes quotidiennes contre la pauvreté, l’infertilité et bien d’autres problèmes
Juste après le triple attentat de jeudi, certains bulletins d’information ont fait état d’une attaque contre une "minorité pakistanaise". Une déclaration qui a hérissé les cheveux de nombreux Pakistanais. "Ce n’est pas une attaque contre une minorité, explique Raza Rumi. C’est l’attaque d’une minorité illuminée contre une majorité."
Au cours de l'Histoire, le soufisme, considéré comme du paganisme, a souvent été la cible de promoteurs d'un islam plus austère et radical. L'adoration d'un autre dieu est formellement interdite par l'islam et est passible de la peine de mort dans de nombreux pays, dont le Pakistan.
…
Jusqu’à présent, l’attentat de jeudi n’a pas été revendiqué. Un porte-parole des Taliban pakistanais a démenti toute implication dans l’attaque. "C’est une conspiration des services secrets étrangers", a déclaré le porte-parole du mouvement dans un entretien téléphonique avec l’AFP.
Au lendemain de l'attaque, certains experts se demandent si ces évènements affecteront le soufisme au Pakistan. "J'aurai peur de me rendre à nouveau au tombeau, confesse Raza Rumi. Ça devient dangereux. Je pense que je viens de perdre mon lieu de méditation préféré."
Attentats islamistes en Thailande : silence scandaleux des grands médias
Dans la nuit du 18 au 19 février, les séparatistes islamistes thaïlandais ont frappé très fort : 33 attentats à la bombe, 14 incendies criminels, 9 morts et 25 blessés. Dans les régions du sud, à 80% peuplées de musulmans, les islamistes veulent effrayer les Bouddhistes qu’ils espèrent chasser et ne reconnaissent pas le pouvoir impie de Bangkok. Désirant faire sécession, les islamistes n’ont pas été satisfait de la concession de taille du Premier ministre Chulanont deux jours plus tôt : laisser ces régions appliquer la charia. Depuis janvier 2004, les islamistes ont été à l’origine de 2400 morts. Si le Figaro et Le Monde ont relaté ces évènements, il est scandaleux que les JT du soir (comme du midi) n’en aient pas parlé. La raison est évidente : ne pas effrayer les citoyens avec le spectre de la menace mondiale islamique à 60 jours du premier tour des élections présidentielles. Ecoeurant. Si l'Observatoire de l'islamisation a pour but de se focaliser sur l'islamisation de l'Europe, nous relairons des tels évènements lorsqu'ils souffrent de la sous-information délibérée du Système.
www.islamisation.fr/.../attentats-islamistes-en-thailande-silence-scandaleux-des-gra.html
lejdd.fr - Somalie: Tués pour avoir regardé le Mondial
Yassine Gedi, vice-président de l'ONG de défense des droits de l'homme Elman, a annoncé mardi que des islamistes somaliens, de l'organisation Hizboul Islam, avaient exécuté deux personnes et arrêté 35 autres pour avoir regardé les matches du Mondial à la télévision malgré leur interdiction.
TERREUR TUTRICE
05/09/2010 12:05 par akkachaamrane
LE RAPPORT "PRÉLIMINAIRE" DE LA COMMISSION NATIONALE D'ENQUÊTE SUR LES ÉMEUTES EN KABYLIE
I. INTRODUCTION
Le 18 avril 2001, un jeune lycéen de 19 ans, Guermah Massinissa, reçoit dans le corps, à l'intérieur des locaux de la brigade de gendarmerie de Béni-Douala, et d'après le rapport d'autopsie, trois des six balles de kalachnikov tirées en rafale par le gendarme Mestari. L'une des balles tirées a blessé un autre gendarme qui se trouvait à proximité.
Le jeune Guermah fut admis à la polyclinique de Béni-Douala, puis à l'hôpital de Tizi-Ouzou pour les premiers soins. Devant la gravité de ses blessures, il fut transféré à l'hôpital Mustapha à Alger. Il devait y décéder le 20 avril à 8h15.
Le 22 avril 2001, à Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, trois membres d'un groupe de collégiens, se dirigeant vers le stade en compagnie de leur professeur de gymnastique, sont interpellés par les gendarmes, dans des conditions irrégulières.
L'inhumation du jeune Guermah Massinissa, le 23 avril, devait donner lieu à des émeutes en série. Entre-temps, la gendarmerie rend public un communiqué dans lequel elle déclare que le défunt avait été interpellé "suite à une agression suivie de vol". Le ministre de l'intérieur reprend la fausse information et déclare que la victime était un "délinquant de 26 ans"; mais lors d'une conférence de presse, le ministre reçoit un bulletin scolaire duquel il résulte que le jeune Guermah était en fait un lycéen. …
II. LES DÉGATS HUMAINS
[…] Kabylie - document arrêté au 3 juillet 2001.
Les données traitées ont pour source exclusive des documents officiels, communiqués par les services des ministères de la justice, de l'intérieur, de la santé.
Le 18 avril 2001, Guermah Massinissa, 19 ans, est blessé en fin d'après-midi dans les locaux de la gendarmerie de Béni-Douala.
Il est blessé aux deux membres inférieurs par une rafale tirée d'un kalachnikov.
Provoquées par une munition de guerre, les blessures sont gravissimes aux deux cuisses, avec lésions complexes du fémur droit et plaies vasculaires, notamment à la face postérieure du genou gauche.
Il sera finalement transféré et opéré à Alger, durant la nuit.
Le décès survient le 20 avril à 8h15.
Il est évident que la mort de Guermah Massinissa est la conséquence des blessures par balles reçues aux deux membres inférieurs. Les blessures présentaient d'emblée un caractère d'"urgence extrême", c'est-à-dire que le pronostic vital était immédiatement mis en jeu.
Le pronostic a été aggravé par les délais imposés au traitement. Les constatations nécropsiques ne font état d'aucune autre lésion, fermée ou ouverte, que celles provoquées par les balles et les traitements médico-chirurgicaux consécutifs. En particulier, la recherche d'ecchymose et de rupture traumatique d'organe interne est restée sans résultat.
1. DGSN : état numérique par qualité des personnes décédées et blessées lors des manifestations du 22 au 28 avril 2001. Annexe. La page comporte trois tableaux intéressant les wilayas d'Alger, Tizi-Ouzou, Béjaïa, Sétif, Boumerdès et Bouira. Nous ne travaillerons ici que sur le total des blessés par balles de l'ensemble des wilayas concernées.
…
II. Le droit [...]
V. LES MISES EN GARDE
[…] La brigade de gendarmerie de Béni-Douala s'est particulièrement distinguée. Elle a fait l'objet d'une pétition signée du 2-8-1999 adressée au commandant de gendarmerie de Tizi Ouzou. Cette pétition fait état de la situation alarmante qui prévaut à Taguemount Azouz, dans la daira de Béni-Douala: vols, vente de drogue, vente illégale de vin, lieux de débauche, insultes de la part des gendarmes, intimidation à coup de rafales. Les signataires demandent "le changement radical de tout le corps de cette brigade qui, actuellement, n'honore pas nos services de sécurité...".
Une deuxième pétition, adressée aux autorités civiles et militaires, arrivée au cabinet du wali de Tizi Ouzou le 11 décembre 1999, réitère ces griefs, rappelle un crime non élucidé, en date du 5-3-1999 et dénonce "le comportement indécent de certains éléments de la brigade de gendarmerie de Béni-Douala".
Ces pétitions ne semblent avoir abouti qu'à la mutation et au remplacement du chef de brigade de Béni-Douala à compter du mois de janvier 2000.
Dans une lettre du 21 avril 2001 (n° 531/2001) le président de l'APC de Béni-Douala lançait encore à M. le Wali de Tizi Ouzou un appel dramatique. Il signale que "la situation prend des proportions inquiétantes", qu'il y a lieu de prendre les mesures nécessaires, "notamment avec les groupes de gendarmerie nationale, de manière à interpeller les éléments de la brigade de Béni-Douala, de surseoir aux tirs de sommation et à l'utilisation de bombes lacrymogènes qui ne peuvent conduire qu'à des conséquences fâcheuses".
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CONCLUSION
La réaction violente des populations a été provoquée par l'action non moins violente des gendarmes, laquelle, pendant plus de deux mois, a nourri et entretenu l'événement: tirs à balles réelles, saccages, pillages, provocations de toutes sortes, propos obscènes et passages à tabac. La commission n'a pas relevé de démenti.
Au commencement ce ne sont pas les foules qui ont été l'agresseur. Elles ne sont pas à l'origine des deux événements déclenchants (Guermah et Amizour). Si quelqu'un a forcément donné l'ordre de tirer à balles réelles, en revanche personne n'a donné l'ordre de cesser le feu.
Les gendarmes sont intervenus sans réquisition des autorités civiles comme la loi le stipule.
DU CINEMA
05/09/2010 12:02 par akkachaamrane
Alger, 29 juillet 2001 : le rapport "préliminaire" de la Commission nationale d'enquête sur les événements de Kabylie
__L'enquête sur les morts de Kabylie
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Commandé par le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le rapport "préliminaire" de la Commission nationale d'enquête sur les événements qui secouent la Kabylie depuis avril 2001 - et qui ont provoqué la mort d'au moins 55 personnes parmi la population et une parmi les gendarmes, entre la mi-avril et la fin juin - a été rendu public le 29 juillet 2001 à Alger.
La Commission, présidée par Mohand Issad, un juriste réputé "indépendant", met clairement en cause la gendarmerie algérienne, accusée de provocations, de violence injustifiées - "saccages, pillages, provocations de toutes sortes, propos obscènes et passages à tabac" - et d'avoir, contrairement aux règles habituelles de commandement, ouvert le feu à plusieurs reprises avec des armes de guerre.
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Le rapport de la Commission établit le "bilan des dégâts humains", qu'il détaille pour chacune des wilayas. Dans la catégorie "citoyens, total décédés", le rapport indique le chiffre de 50, soit 50 morts par balle (31à Tizi-Ouzou, 16 à Béjaïa, 1 à Sétif et 2 à Bouira). Un seul gendarme a été tué, par "électrocution". Côté manifestants, le nombre de blessés par balle s'établit à 218 et à 900 pour l'ensemble des blessés. Côté forces de l'ordre, la Commission a dénombré 416 policiers blessés et 181 gendarmes [Ces chiffres concernent la période du 22 au 28 avril 2001].
"La violence enregistrée est celle d'une guerre, avec usage de munitions de guerre", constate la Commission qui affirme que la gendarmerie est la principale responsable du déclenchement et de la répression du soulèvement qui sévit en Kabylie depuis le 18 avril 2001, date à laquelle un lycéen de 19 ans, Massinissa Guermah, fut abattu par des gendarmes dans une caserne de Beni Douala, une localité située près de Tizi-Ouzou, chef-lieu de la Grande Kabylie. "La réaction violente des populations a été provoquée par l'action non moins violente des gendarmes, laquelle, pendant plus de deux mois, a nourri et entretenu l'événement : tirs à balles réelles, saccages, pillages, provocations de toutes sortes, propos obscènes et passages à tabac".
"Au commencement, ce ne sont pas les foules qui ont été l'agresseur. Elles ne sont pas à l'origine des deux événements déclenchants. Si quelqu'un a forcément donné l'ordre de tirer à balles réelles, en revanche personne n'a donné l'ordre de cesser le feu", note encore la Commission qui, sans désigner le moindre responsable, relève que "les ordres de la gendarmerie de ne pas utiliser les armes n'ont pas été exécutés, ce qui donne à penser que le commandement a perdu le contrôle de ses troupes, ou qu'elle a été parasitée par des forces externes à son propre corps."
…La Commission réfute la thèse d'un "complot interne ou externe" avancée par les autorités. "Si une main quelconque peut aussi rapidement et aussi facilement soulever une région du pays, loin des côtes, des ports et des aéroports, cela signifierait que l'Algérie est dangereusement vulnérable".
Le rapport expose enfin, sans détour, les raisons du soulèvement kabyle: "Les causes profondes sont sociales, économiques, politiques, identitaires et dues aux abus de toutes sortes", précise la Commission qui relève que "les responsabilités sont situées en amont". …